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Premier rendez-vous France Travail

le déroulé de l’entretien

Ce qui se passe pendant l’entretien et dans quel ordre, ce qu’est le contrat d’engagement entré en vigueur en 2025, les questions du conseiller et ce qui reste négociable dans le plan d’action.

Entretien individuel entre deux personnes assises face à face à un bureau, stylo et dossiers sur la table
Réponse rapide

Ce premier rendez-vous est un entretien de diagnostic, pas un examen : le conseiller établit un état des lieux de votre parcours, puis construit avec vous un plan d’action. Depuis le 1er janvier 2025, ce plan prend la forme d’un contrat d’engagement, qui a remplacé le projet personnalisé d’accès à l’emploi.

  • Un document co-construit : le contrat s’écrit pendant l’entretien, il n’est pas prêt à l’avance.
  • Douze mois au maximum : révisable si votre situation évolue, renouvelable au terme.
  • Une part négociable : métiers, périmètre, formations et rythme se discutent ; le cadre, non.
  • Pas de question d’argent : le calcul des droits relève d’un autre circuit que l’accompagnement.

Ce que ce rendez-vous est, et ce qu’il n’est pas

Beaucoup de gens s’y rendent en pensant passer un examen. C’est le contresens le plus répandu, et celui qui rend l’entretien inconfortable pour rien.

Ce premier rendez-vous est un entretien de diagnostic. Le conseiller cherche à établir où vous en êtes : votre parcours, vos qualifications, ce que vous cherchez, ce qui vous en empêche éventuellement. De cet état des lieux découle un plan d’action, construit avec vous, qui prendra la forme d’un document signé des deux côtés. Il n’y a rien à réussir, mais il y a une conversation à préparer.

Il faut aussi savoir ce qui ne se traite pas là. Le calcul de vos droits, le montant d’une éventuelle allocation, les pièces manquantes de votre dossier d’indemnisation relèvent d’un autre circuit que celui de l’accompagnement. Vous pouvez évidemment poser la question, et votre conseiller vous orientera, mais ce n’est pas l’objet de l’entretien et vous n’obtiendrez pas de décision ce jour-là.

Dernier point de vocabulaire, qui explique une partie de la confusion en ligne : Pôle emploi est devenu France Travail le 1er janvier 2024. Le changement n’est pas qu’un changement de nom, il s’inscrit dans une réforme plus large de l’accompagnement, dont les effets se voient précisément dans ce premier entretien.

Le contrat d’engagement, nouveau cadre depuis 2025

C’est le point que la plupart des articles disponibles en ligne n’ont pas intégré : le document que vous allez construire ne s’appelle plus le projet personnalisé d’accès à l’emploi.

Depuis le 1er janvier 2025, ce projet personnalisé, ainsi que plusieurs autres dispositifs d’accompagnement destinés à des publics spécifiques, ont été remplacés par un document unique, le contrat d’engagement. L’unification vise à appliquer le même cadre à toutes les personnes accompagnées, quel que soit l’organisme qui les suit.

Concrètement, ce contrat est un plan d’action personnalisé. Il précise ce que vous vous engagez à faire — le type d’emploi recherché, les démarches, les formations ou les actions à mener — et ce que l’organisme s’engage à mettre en face en matière d’accompagnement. La réciprocité est inscrite dans le principe même du document : ce n’est pas une liste d’obligations à sens unique. Il est conclu pour une durée maximale de douze mois et fait l’objet d’un suivi régulier avec le conseiller. Il n’est pas figé : au terme de la période, il peut être renouvelé ou ajusté si le retour à l’emploi n’a pas eu lieu.

Si vous étiez déjà accompagné

Le déploiement est progressif : les organismes ont jusqu’au 1er janvier 2027 pour que chaque personne accompagnée dispose d’un contrat d’engagement. Un projet personnalisé signé auparavant reste donc valable, et le passage au nouveau cadre se fait lors d’un point avec votre conseiller, à l’occasion d’un renouvellement ou d’une révision. Si vous ignorez où vous en êtes, la question se pose directement en rendez-vous.

Retenez surtout que ce contrat se construit pendant l’entretien de diagnostic, et non avant. Vous n’arrivez pas devant un document à signer, vous arrivez devant quelqu’un avec qui vous allez l’écrire.

Le déroulé de l’entretien, dans l’ordre

Les entretiens ne sont pas standardisés à la minute, et le style varie sensiblement d’un conseiller à l’autre : certains vont droit au plan d’action, d’autres consacrent l’essentiel du temps au parcours. La trame, elle, revient presque toujours dans le même ordre.

  1. 1. La vérification de votre situation

    Identité, coordonnées, situation familiale, dernier emploi occupé, motif de la fin de contrat. C’est administratif, c’est rapide, et cela sert surtout à confirmer ce qui figure déjà dans votre dossier.

  2. 2. Le diagnostic de votre parcours

    Le conseiller reprend vos diplômes et certifications, vos expériences, vos compétences. Il cherche à identifier ce qui est immédiatement valorisable sur le marché du travail local et ce qui demanderait une mise à niveau. C’est le cœur du rendez-vous.

  3. 3. La discussion du projet

    Quel métier, quel secteur, quel type de contrat, quelle zone géographique, quelles contraintes. C’est le moment le plus déterminant de l’entretien, parce que tout ce qui suit en découle : un projet flou produit un plan d’action flou.

  4. 4. L’identification des freins

    Mobilité, garde d’enfants, santé, maîtrise du français, situation de handicap. La question peut sembler intrusive ; elle ne l’est pas dans son intention, car ces éléments conditionnent l’accès à certains leviers d’aide.

  5. 5. La construction du plan d’action

    Démarches à mener, éventuellement une formation ou un atelier, et un rythme de suivi. C’est là que votre avis est censé être intégré, et c’est là qu’il faut parler si quelque chose ne vous convient pas.

  6. 6. La formalisation et les questions pratiques

    Le contrat d’engagement est établi et signé ; vous en repartez avec une copie ou vous la retrouvez dans votre espace personnel. Suivent le mode de contact, le prochain rendez-vous et l’actualisation. C’est le moment de poser vos questions, et il vaut mieux les avoir notées : la fin d’un entretien va vite.

Les questions du conseiller et comment y répondre

Les questions sont plus prévisibles qu’on ne le croit. Les anticiper évite les réponses vagues, qui produisent mécaniquement un plan d’action générique. Deux d’entre elles pèsent nettement plus lourd que les autres.

« Que recherchez-vous ? » est la question centrale, celle dont dépend tout le reste du document. Une réponse du type « n’importe quoi, je suis prêt à tout » est compréhensible mais contre-productive : elle ne permet aucun ciblage. Mieux vaut donner un métier ou une famille de métiers, quitte à préciser ensuite que vous restez ouvert à d’autres pistes.

« Y a-t-il quelque chose qui vous empêche de reprendre un emploi maintenant ? » est la seconde question décisive, et celle où l’on a le plus tendance à minimiser. C’est pourtant elle qui ouvre l’accès aux leviers existants : aides à la mobilité, prise en compte d’une reconnaissance de travailleur handicapé, orientation vers un accompagnement spécifique, appui sur les questions de garde d’enfants. Les modalités de chacun de ces leviers dépendent de votre situation et se vérifient avec votre conseiller — mais aucun ne peut être mobilisé si le frein n’est pas énoncé.

Les autres questions servent à situer le contexte. « Qu’avez-vous fait jusqu’ici ? » ne porte pas seulement sur les intitulés de poste : ce qui intéresse le conseiller, ce sont les tâches réellement exercées et les compétences transférables, souvent invisibles dans un intitulé. « Quelles démarches avez-vous déjà entreprises ? » cherche à situer votre autonomie, pas à vous juger ; si vous n’avez encore rien fait parce que vous venez de vous inscrire, dites-le simplement. « Êtes-vous mobile ? » appelle une réponse précise plutôt qu’un oui de principe : la distance réellement acceptable, le temps de trajet supportable, la question du permis et du véhicule. Un oui de complaisance vous vaudra des propositions que vous refuserez ensuite.

Et si vous n’avez pas de projet défini

C’est la situation d’une grande partie des personnes qui arrivent à ce rendez-vous, en particulier après un licenciement, une fin de contrat subie ou un métier devenu impossible à exercer. Ne pas savoir ce que l’on veut faire n’est pas une faute, et ce n’est pas non plus un problème à cacher : c’est précisément un motif d’accompagnement.

La formulation utile consiste à le dire ainsi, plutôt que de se rabattre sur un « je suis ouvert à tout » qui ferme les portes. Une phrase du type « je n’ai pas de projet arrêté, j’aimerais qu’on travaille dessus » est parfaitement recevable et oriente l’entretien vers ce dont vous avez besoin.

Pour donner de la matière à la discussion, préparez-la par le concret plutôt que par l’abstrait. Repérez dans vos expériences passées ce que vous avez aimé faire et ce que vous ne voulez plus refaire : les conditions de travail supportables, le rapport au collectif, l’autonomie, le rythme. Ces éléments disent souvent plus qu’un intitulé de métier, et ils permettent au conseiller de proposer des pistes.

Vous pouvez également demander explicitement une aide à l’orientation. Des prestations existent pour travailler un projet professionnel, et le bilan de compétences en fait partie. Leur accès, leur durée et leur financement dépendent de votre situation et se discutent avec le conseiller : c’est exactement le genre de demande qui a sa place dans ce premier rendez-vous.

Ce qu’il faut préparer avant de venir

La préparation matérielle est légère. Votre pièce d’identité, votre curriculum vitae même imparfait, vos justificatifs de diplômes ou de certifications si vous les avez, et la convocation elle-même suffisent dans la plupart des cas. Si votre convocation mentionne des documents particuliers, elle prime sur toute liste générale.

La préparation réelle est ailleurs, et elle tient en trois réflexions à mener chez soi. Formulez d’abord ce que vous cherchez en une ou deux phrases, à voix haute : l’exercice paraît artificiel, mais une intention que l’on n’arrive pas à énoncer clairement est une intention qui ne se transmet pas. Listez ensuite vos contraintes réelles — horaires impossibles, zone géographique, moyens de transport, obligations familiales — car ce sont elles qui rendent un plan d’action applicable ou théorique. Notez enfin vos questions : sur les formations envisageables, sur les aides à la mobilité, sur le rythme de suivi, sur ce qui se passe si vous trouvez un contrat court.

Ce qui se décide, et ce qui se discute

Le contrat d’engagement est présenté comme co-construit, et il l’est réellement dans une partie de son contenu. Encore faut-il savoir où se situe la marge.

Non négociable

Le cadre

L’inscription implique une recherche d’emploi active, une actualisation périodique de votre situation et le fait de répondre aux convocations. Ces obligations ne dépendent pas de votre conseiller, qui n’a pas le pouvoir de les lever. Les discuter avec lui n’a pas d’objet.

Négociable

Le contenu

Le métier ou les métiers ciblés, le périmètre géographique, les types de contrats acceptés, les formations envisagées, les démarches inscrites, le rythme des rendez-vous. Sur tous ces points, votre avis compte et il est censé être intégré au document.

Si une action proposée ne vous paraît pas adaptée, dites-le pendant l’entretien, en expliquant pourquoi et en proposant autre chose. Un désaccord argumenté sur une formation ou un secteur est une information utile pour le conseiller ; un silence poli produit un plan d’action que vous ne suivrez pas, ce qui est nettement plus problématique par la suite.

Relisez le document avant de le signer, même si l’entretien a été agréable et même si l’on vous dit que tout pourra être modifié plus tard. C’est ce texte qui servira de référence aux échanges suivants.

Après le rendez-vous

suivi, révision, empêchement

Le suivi se poursuit à un rythme défini avec votre conseiller. Il dépend de votre situation : plus rapproché lorsque l’accompagnement est intensif ou que le projet reste à construire, plus espacé lorsque vous êtes autonome dans vos démarches et que les pistes sont identifiées. À cela s’ajoute l’actualisation mensuelle de votre situation, qui est une déclaration distincte du suivi et qui conditionne la poursuite de votre inscription.

Le contrat, lui, n’est pas gravé. Il peut être revu si votre situation évolue — un projet qui se précise, une contrainte qui disparaît, une piste qui s’ouvre. C’est même le sens du suivi régulier : ajuster plutôt que constater. Si un point vous paraît inapplicable une fois rentré chez vous, ne restez pas dessus : un message à votre conseiller depuis votre espace personnel suffit à ouvrir la discussion, et il vaut mieux le faire tôt que d’attendre le rendez-vous suivant.

En cas d’empêchement

La règle tient en un mot : prévenir. Signalez-le dès que vous le savez, par votre espace personnel ou par téléphone, en expliquant le motif, et demandez un report. Une absence annoncée et justifiée se traite ; une absence sans nouvelle est ce qui pose problème, parce qu’elle est interprétée comme un défaut de démarche.

Les conséquences d’un manquement varient selon les situations et relèvent d’une procédure encadrée, au cours de laquelle la personne concernée est informée et peut faire valoir ses observations avant toute décision. Votre conseiller et le site officiel sont les seules sources fiables sur ce point : les informations qui circulent en ligne à ce sujet sont fréquemment périmées, la réglementation ayant évolué ces dernières années.

Comment se passe le premier entretien avec un conseiller ?

La trame revient presque toujours dans le même ordre : vérification administrative de votre situation, diagnostic de votre parcours et de vos compétences, discussion du projet professionnel, identification des freins éventuels, construction du plan d’action, puis signature du contrat d’engagement. L’entretien se termine par les questions pratiques : mode de contact, prochain rendez-vous, actualisation.

Qu’est-ce que le contrat d’engagement ?

C’est le document qui a remplacé, depuis le 1er janvier 2025, le projet personnalisé d’accès à l’emploi et plusieurs autres dispositifs d’accompagnement. Il s’agit d’un plan d’action personnalisé et réciproque : il précise vos démarches et vos objectifs d’un côté, l’accompagnement de l’organisme de l’autre. Il est conclu pour douze mois au maximum et fait l’objet d’un suivi régulier.

Que dire si je n’ai pas de projet professionnel défini ?

Dites-le tel quel : une phrase du type « je n’ai pas de projet arrêté, j’aimerais qu’on travaille dessus » est parfaitement recevable, et bien plus utile qu’un « je suis ouvert à tout ». Préparez la discussion par le concret — ce que vous avez aimé et détesté dans vos expériences passées — et demandez une aide à l’orientation, dont l’accès se discute avec le conseiller.

Quels documents faut-il apporter ?

Dans la plupart des cas, votre pièce d’identité, votre curriculum vitae même imparfait, vos justificatifs de diplômes ou de certifications si vous les avez, et la convocation. Si celle-ci mentionne des documents particuliers, elle prime sur toute liste générale trouvée ailleurs.

Peut-on discuter ce qui est inscrit dans le plan d’action ?

Oui pour l’essentiel du contenu : métiers ciblés, périmètre géographique, types de contrats, formations envisagées, démarches, rythme des rendez-vous. Non pour le cadre général, qui ne dépend pas du conseiller : recherche active, actualisation périodique, réponse aux convocations. Un désaccord argumenté pendant l’entretien est plus utile qu’un accord de façade.

Le montant de mon allocation sera-t-il abordé pendant ce rendez-vous ?

Non. Le calcul des droits et le dossier d’indemnisation relèvent d’un circuit distinct de celui de l’accompagnement. Vous pouvez poser la question et votre conseiller vous orientera, mais aucune décision ne sera prise ce jour-là sur ce point.

Que faire si je ne peux pas me rendre au rendez-vous ?

Prévenez dès que vous le savez, par votre espace personnel ou par téléphone, en indiquant le motif, et demandez un report. Une absence signalée et justifiée se traite ; une absence sans nouvelle est interprétée comme un défaut de démarche. Les conséquences d’un manquement relèvent d’une procédure encadrée : votre conseiller et le site officiel sont les sources fiables sur ce point.

À quelle fréquence vais-je revoir mon conseiller ?

Le rythme se définit avec lui et dépend de votre situation : plus rapproché lorsque l’accompagnement est intensif ou que le projet reste à construire, plus espacé si vous êtes autonome dans vos démarches. Ce suivi est distinct de l’actualisation mensuelle de votre situation, qui est une déclaration à part entière.

Le contrat d’engagement peut-il être modifié après la signature ?

Oui. Il peut être révisé si votre situation évolue, et renouvelé ou ajusté au terme de la période si le retour à l’emploi n’a pas eu lieu. Si un point vous paraît inapplicable une fois rentré chez vous, un message à votre conseiller depuis votre espace personnel suffit à ouvrir la discussion.

Un entretien préparé ne dure pas plus longtemps qu’un entretien subi : il produit simplement un document que vous pourrez suivre.