Lâcher prise
ce que raconte la série d’Isabelle Langlois
Ni méthode ni manuel de relaxation : une comédie québécoise sur une femme à qui l’on répète de lâcher prise au moment où elle en est le moins capable.
Lâcher prise est une série télévisée québécoise écrite par Isabelle Langlois, diffusée sur ICI Radio-Canada Télé du 9 janvier 2017 au 30 mars 2020. Elle compte quatre saisons et cinquante-deux épisodes de vingt-deux minutes, et elle est terminée. Sophie Cadieux y interprète Valérie Danault, une jeune mère divorcée qui traverse un épuisement professionnel et retourne vivre chez sa mère.
- Une fiction, pas une méthode : aucun exercice, aucun conseil de relaxation.
- Un titre ironique : la série montre que le lâcher-prise ne se décide pas sur commande.
- Une comédie assumée : un sujet grave traité sur le registre comique, pas un drame allégé.
- Un duo mère-fille : Sophie Cadieux et Sylvie Léonard portent le récit ensemble.
- Série terminée : quatre saisons, une histoire menée à son terme, rien laissé en suspens.
Une série, pas une méthode
Le titre prête à confusion, et c’est probablement volontaire. Lâcher prise est une série télévisée québécoise écrite par Isabelle Langlois, diffusée sur ICI Radio-Canada Télé entre le 9 janvier 2017 et le 30 mars 2020. Elle ne propose aucun exercice de relaxation et ne relève pas du développement personnel. Elle raconte l’histoire d’une femme à qui l’on répète précisément cela — lâche prise — au moment où elle en est le moins capable.
La série est terminée. Quatre saisons ont été diffusées, la dernière s’achevant le 30 mars 2020, et l’histoire de Valérie a été menée à son terme. Ceux qui la découvrent aujourd’hui la prennent donc comme un objet clos, ce qui change la façon de la regarder : rien n’y est laissé en suspens pour ménager une suite éventuelle.
| Fiche | Détail |
|---|---|
| Titre | Lâcher prise |
| Autrice | Isabelle Langlois |
| Diffuseur | ICI Radio-Canada Télé |
| Diffusion | Du 9 janvier 2017 au 30 mars 2020 |
| Format | 4 saisons, 52 épisodes de 22 minutes |
| Genre | Comédie |
| Statut | Terminée |
L’histoire de Valérie
Valérie Danault est une jeune mère fraîchement divorcée. Elle mène de front une carrière exigeante et une vie de famille recomposée, jusqu’au jour où elle perd son emploi et s’effondre. L’épuisement professionnel, que la série nomme sans détour, la laisse sans travail, sans logement stable et sans la maîtrise qu’elle avait organisée autour d’elle.
Elle retourne alors vivre chez sa mère, Madeleine, dont elle s’était éloignée. C’est le point de départ : une femme d’une quarantaine d’années qui réintègre la chambre de son adolescence, avec un enfant, un ex-mari toujours présent, et une mère qui a ses propres idées sur la façon dont on se relève. Ce retour en arrière géographique donne à la série son moteur comique et son sujet réel : on ne se reconstruit pas seule, et l’aide disponible n’est pas celle qu’on aurait choisie.
Un duo mère-fille comme colonne vertébrale
Sophie Cadieux tient le rôle de Valérie et porte la série, mais elle ne la porte pas seule. Sylvie Léonard, dans le rôle de Madeleine Legault, forme avec elle le moteur réel du récit — au point qu’on peut voir dans Lâcher prise une série sur la relation entre une mère et sa fille adulte autant qu’une série sur l’épuisement professionnel.
C’est un choix d’écriture qui déplace le centre de gravité. Une série sur le burn-out centrée sur la seule personne épuisée tourne vite au monologue intérieur ; en installant face à Valérie une mère qui a son propre avis, ses propres blessures et sa propre définition du courage, Isabelle Langlois s’offre un contradicteur permanent. Le conflit entre deux générations de femmes sur ce qu’il convient de faire d’une vie qui déraille remplace l’introspection, et la série y gagne en énergie.
Valérie Danault
L’héroïne. Jeune mère divorcée, elle perd son emploi et traverse un épuisement professionnel qui la ramène chez sa mère, avec son enfant et sans plan de secours.
Madeleine Legault
La mère de Valérie, dont celle-ci s’était éloignée et qui l’héberge. Elle offre le toit et, avec lui, un avis permanent sur la façon dont sa fille devrait se relever.
Gilles, Éric, Kevin
Gildor Roy incarne Gilles Danault, le père de Valérie. Simon Lacroix joue Éric Samson et Éric Paulhus, Kevin Bergeron : deux figures de l’entourage proche qui traversent la série sur les quatre saisons.
Raconter l’épuisement par la comédie
Le parti pris central est là : Lâcher prise traite d’un sujet grave sur le registre comique. Il ne s’agit pas d’un drame allégé de quelques scènes drôles, mais d’une comédie assumée, avec son rythme, ses situations et son goût du malaise.
Ce choix produit un effet que le traitement dramatique aurait manqué. La comédie permet de montrer ce que l’épuisement a d’absurde et d’humiliant : l’écart entre l’image que l’on donne et l’état réel, les conseils bien intentionnés qui aggravent tout, l’obligation de rassurer les autres sur sa propre situation alors qu’on n’en mène pas large. Un traitement grave aurait produit de la compassion ; le traitement comique produit de la reconnaissance, ce qui est plus rare et plus utile.
On l’oublie souvent : le titre n’est pas une invitation. La série montre au contraire que le lâcher-prise ne se décide pas. Valérie passe quatre saisons à s’entendre dire de se détendre, et c’est précisément cette injonction qui la maintient sous tension — chaque conseil reçu s’ajoutant à la liste des choses qu’elle ne parvient pas à faire correctement. La série est ironique là où on la croyait prescriptive, et c’est sans doute ce qui explique qu’elle ait parlé à un public bien plus large que celui des amateurs de comédie québécoise.
Lâcher prise donne à voir une expérience d’épuisement professionnel ; elle n’en propose ni diagnostic ni traitement. Une personne qui se reconnaîtrait dans la situation de Valérie a tout intérêt à s’adresser à un médecin plutôt qu’à une série télévisée.
Une famille recomposée qui a fait date
La configuration familiale de la série mérite d’être signalée, parce qu’elle a marqué l’histoire de la télévision québécoise. L’ex-mari de Valérie a refait sa vie avec un conjoint : l’enfant du couple séparé se retrouve donc élevé entre sa mère et deux pères, une coparentalité à trois adultes. Lâcher prise a été la première série québécoise à mettre en scène cette configuration.
Le traitement en est descriptif plutôt que démonstratif, et c’est ce qui fait sa force. La situation n’est pas le sujet de la série, elle en est le décor : les trois parents négocient les gardes, les vacances scolaires, les repas et les susceptibilités comme le feraient d’autres familles recomposées, avec les mêmes agacements et les mêmes arrangements. Aucun personnage n’est chargé d’expliquer ou de défendre la configuration. Elle est traitée comme ordinaire, ce qui était précisément la façon la plus efficace de la faire accepter.
Quatre saisons, cinquante-deux épisodes de vingt-deux minutes
Quatre saisons, cinquante-deux épisodes au total, vingt-deux minutes chacun : le format court n’est pas anodin. Il impose une écriture serrée, sans intrigue secondaire dilatoire, et donne à l’ensemble un rythme qui tient de la chronique plutôt que du feuilleton — c’est-à-dire que chaque épisode se referme sur lui-même au lieu de suspendre l’action pour retenir le spectateur jusqu’à la semaine suivante.
Cette contrainte sert le sujet plus qu’elle ne le limite. Vingt-deux minutes suffisent à installer une situation, à la faire dérailler et à laisser le personnage en subir les conséquences, sans que le spectateur ait le temps de s’installer dans la déprime. C’est la durée exacte d’une mauvaise journée racontée sans complaisance. Sur cinquante-deux épisodes, l’effet cumulé finit par dessiner une trajectoire que chaque épisode pris isolément ne laisse pas deviner : on ne voit pas Valérie remonter, on constate après coup qu’elle a bougé.
La série a été distinguée à plusieurs reprises aux prix Gémeaux entre 2017 et 2019, dans les catégories comédie, texte et interprétation féminine, et remarquée au Banff World Media Festival. La récurrence de la distinction en écriture, sur plusieurs éditions, situe assez bien où se trouve la réussite de la série.
Quant à savoir où la voir, les catalogues des plateformes évoluent et les droits de diffusion changent : mieux vaut vérifier directement auprès du diffuseur plutôt que de se fier à une liste qui aura vieilli.
Lâcher prise est-elle une série ou un contenu de développement personnel ?
C’est une série télévisée de fiction, écrite par Isabelle Langlois et diffusée sur ICI Radio-Canada Télé. Elle ne propose aucun exercice ni aucune méthode. Le titre est ironique : il renvoie à l’injonction que l’entourage adresse en permanence à l’héroïne, et que la série montre justement comme impossible à suivre sur commande.
De quoi parle la série ?
Valérie Danault, jeune mère récemment divorcée, perd son emploi et traverse un épuisement professionnel. Sans travail ni logement stable, elle retourne vivre chez sa mère Madeleine, dont elle s’était éloignée. La série suit ses tentatives de reconstruction, souvent ratées, dans un environnement familial qui l’aide et l’encombre à parts égales.
Qui joue dans Lâcher prise ?
Sophie Cadieux tient le rôle de Valérie Danault et Sylvie Léonard celui de sa mère, Madeleine Legault. Autour d’elles, Gildor Roy incarne Gilles Danault, le père de Valérie, tandis que Simon Lacroix et Éric Paulhus jouent respectivement Éric Samson et Kevin Bergeron. La distribution est volontairement resserrée.
Combien y a-t-il de saisons et d’épisodes ?
Quatre saisons et cinquante-deux épisodes au total, d’une durée de vingt-deux minutes chacun. Ce format court impose une écriture serrée, plus proche de la chronique que du feuilleton : chaque épisode raconte une journée qui déraille, l’ensemble dessinant une trajectoire.
La série est-elle terminée ?
Oui. La diffusion s’est achevée le 30 mars 2020 avec la quatrième saison, et l’histoire a été menée à son terme. Elle se regarde donc comme un objet clos, sans intrigue laissée en suspens pour ménager une suite éventuelle.
Est-ce une comédie ou un drame ?
Une comédie assumée, avec son rythme, ses situations et son goût du malaise — et non un drame allégé de quelques scènes drôles. Ce registre permet de montrer ce que l’épuisement a d’absurde et d’humiliant, là où un traitement grave aurait produit de la compassion plutôt que de la reconnaissance.
Quels prix la série a-t-elle reçus ?
Elle a été distinguée à plusieurs reprises aux prix Gémeaux entre 2017 et 2019, dans les catégories comédie, texte et interprétation féminine, et remarquée au Banff World Media Festival. La récurrence des distinctions en écriture situe assez bien où se trouve la réussite de la série.
Quatre saisons pour démontrer qu’on ne lâche pas prise parce qu’on l’a décidé : c’est peu de temps pour une leçon que la plupart des manuels mettent des chapitres à ne pas donner.