Art de vivre · Hobbies

Hobbies ou hobby

quelle forme écrire, et quand

Deux pluriels admis, un singulier souvent mal orthographié et un h aspiré que presque personne ne respecte : mise au point sur un mot plus piégeux qu’il n’en a l’air.

Palette de peinture maculée de vert, pinceaux et chiffon rouge posés sur une table couverte de kraft
Réponse rapide

On écrit « hobby » au singulier et « hobbys » ou « hobbies » au pluriel : les deux pluriels sont admis, l’Académie française comme le Larousse les enregistrent. « Hobbys » est le pluriel francisé issu des rectifications de 1990, « hobbies » le pluriel anglais resté majoritaire dans l’usage. La seule forme réellement fautive est « hobbie » au singulier.

  • Singulier : hobby, avec un y. « Hobbie » n’existe dans aucun dictionnaire.
  • Pluriel : hobbys ou hobbies, les deux corrects — mais une seule forme par document.
  • H aspiré : on écrit « le hobby », jamais « l’hobby », et sans liaison au pluriel.
  • Sur un CV français : la rubrique attendue s’intitule « Centres d’intérêt », pas « Hobbies ».
  • En cas de doute : « passe-temps » est invariable et règle la question d’un coup.

Hobby ou hobbies

lequel écrire, et quand

La règle tient en une ligne : « hobby » au singulier, « hobbys » ou « hobbies » au pluriel. Les deux pluriels sont admis, y compris par l’Académie française, dont l’entrée donne « hobby, nom masculin (pluriel hobbys ou hobbies) ». Le Larousse dit la même chose en précisant l’origine de chaque forme : « des hobbys » est le pluriel français, « des hobbies » le pluriel à l’anglaise.

Concrètement : « la photographie est mon hobby » au singulier, « mes hobbys sont la photographie et la randonnée » ou « mes hobbies sont… » au pluriel, sans qu’aucune des deux versions soit fautive.

Si vous voulez une recommandation plutôt qu’un choix ouvert, prenez « hobbies » : c’est la forme la plus répandue dans l’usage écrit courant, celle que personne ne relèvera. Réservez « hobbys » aux textes où vous appliquez déjà l’orthographe rectifiée par ailleurs — si vous écrivez des matchs et des barmans, écrivez des hobbys, la cohérence se voit. Ce qui n’est jamais admis, en revanche, c’est « hobbie » au singulier : cette forme ne figure dans aucun dictionnaire.

Pourquoi deux pluriels coexistent

hobbys ou hobbies

Cette double forme n’est pas une négligence de dictionnaire, c’est le résultat de deux logiques superposées. Longtemps, les mots empruntés à l’anglais ont gardé leur pluriel d’origine : on écrivait des matches, des sandwiches, des hobbies. La langue traitait le mot comme un invité et lui laissait ses habitudes.

Les rectifications orthographiques de 1990 ont proposé l’inverse : un mot emprunté installé en français se comporte comme un mot français, prend les accents du français et forme son pluriel par un simple « s ». D’où des matchs, des barmans, des bodys — et des hobbys. Ces rectifications sont des recommandations, pas une réforme obligatoire : les deux graphies restent correctes, et les dictionnaires enregistrent les deux. C’est ce qui explique que vous voyiez circuler les deux formes sans qu’aucune ne soit signalée comme fautive.

L’étymologie éclaire le mot autrement. L’anglais « hobby » désigne à l’origine un petit cheval, et il vient lui-même du moyen français « hobin », qui nommait un petit cheval allant l’amble. C’est également ce qui explique le sens figuré de « dada », son équivalent familier français : le dada, c’est le cheval de bois, puis la marotte.

Le h aspiré, faute la plus répandue

Le h de « hobby » est aspiré, ce qui interdit l’élision et la liaison. La règle vaut pour tout ce qui précède le mot : article, préposition, adjectif.

Au pluriel, la faute est sonore plutôt qu’écrite : on écrit « les hobbys » mais on ne prononce aucune liaison entre l’article et le nom. Pas de z, contrairement à « les enfants ». Même chose après un adjectif : « de vieux hobbys » se prononce sans liaison. C’est une erreur qui passe inaperçue sur le papier mais qui s’entend immédiatement en entretien d’embauche, au moment précis où l’on parle de ses centres d’intérêt.

Un moyen de vérifier sans connaître la règle : le mot se comporte comme « hérisson », « handicap » ou « haricot ». Si vous ne diriez pas « l’hérisson » ni « les-z-haricots », n’écrivez pas « l’hobby » et ne liez pas « les hobbys ».

Article

Le hobby

✗ « L’hobby de mon frère, c’est la pêche. »
✓ « Le hobby de mon frère, c’est la pêche. »

Pluriel

Les hobbys, sans liaison

✗ « Elle nous a parlé de ses-z-hobbys. »
✓ « Elle nous a parlé de ses hobbys », le s reste muet.

Préposition

De hobby en hobby

✗ « Il passe d’hobby en hobby sans jamais insister. »
✓ « Il passe de hobby en hobby sans jamais insister. »

Les équivalents français, et ce qu’ils ne disent pas pareil

Le français dispose de plusieurs mots pour dire à peu près la même chose, mais ils ne sont pas interchangeables : ils diffèrent par le registre et par le degré d’investissement qu’ils supposent. Le tableau ci-dessous les situe les uns par rapport aux autres.

TermeCe qu’il supposeOù l’employer
Passe-tempsUne occupation du temps libre, sans investissement particulierPartout, registre neutre
LoisirLe temps libre autant que l’activité qu’on y mèneIntitulés officiels, administratif
Centre d’intérêtUne curiosité, sans pratique régulière obligatoireCV, courrier formel
Violon d’IngresUne pratique sérieuse en marge du métier principalRegistre soutenu, sonne daté à l’oral
DadaUne marotte, avec une pointe de moquerieOral, entre proches

Deux de ces termes méritent un commentaire que le tableau ne peut pas porter. « Violon d’Ingres » vient de la pratique du violon par le peintre Ingres — explication traditionnellement donnée, sans qu’on puisse la documenter précisément — et suppose un vrai niveau : l’employer pour une activité pratiquée trois fois par an sonne faux. « Dada », lui, ne se dit jamais de soi-même sans ironie : c’est un mot qu’on emploie pour l’obsession des autres.

Quel mot choisir selon le contexte

CV, conversation, texte soigné

Dans une conversation, « hobby » passe sans difficulté, y compris avec des interlocuteurs attachés au français. L’Académie date le mot du XXe siècle et l’enregistre dans son dictionnaire : personne ne le prendra pour un anglicisme de mode.

Dans un texte soigné — article, courrier formel, mémoire — « passe-temps » ou « centre d’intérêt » conviennent mieux, non parce que « hobby » serait fautif, mais parce qu’il détonne dans un registre soutenu.

Sur un CV français, la question change de nature, et c’est le seul contexte où le mauvais choix a une conséquence concrète. La rubrique attendue par les recruteurs s’intitule « Centres d’intérêt », parfois « Loisirs ». Écrire « Hobbies » en titre de rubrique n’est pas une faute, mais c’est un décalage repérable, du même ordre qu’un intitulé traduit à moitié. Si vous rédigez en anglais, c’est évidemment « Hobbies » ou « Interests » qui s’impose.

Un dernier repère, qui vaut plus que le choix du mot : ce qui suit l’intitulé compte davantage que l’intitulé lui-même. « Randonnée en itinérance, deux semaines par an, GR20 en 2025 » dit quelque chose de vous ; « lecture, cinéma, voyages » ne dit rien, quel que soit le titre de la rubrique.

Les fautes les plus fréquentes, et comment les éviter

« Hobbie » au singulier vient en tête. La faute naît de la contamination du pluriel anglais : on connaît la forme « hobbies », on retire le s, on obtient un singulier qui n’existe pas. Le raisonnement est logique mais faux — c’est le y du singulier qui devient ie devant le s anglais, pas l’inverse.

« L’hobby » suit juste derrière, avec sa variante orale « les-z-hobbys », toutes deux dues au h aspiré traité plus haut.

Le mélange des deux pluriels dans un même document arrive souvent quand un texte est écrit en plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle. Choisissez une forme au début et tenez-la jusqu’au bout : c’est le genre d’incohérence qu’un relecteur attentif repère immédiatement.

Reste « mes hobby », sans marque de pluriel. Le mot s’accorde comme n’importe quel nom, y compris dans les listes et les intitulés de rubrique. Si tout cela vous paraît beaucoup de contraintes pour un seul mot, « passe-temps » reste invariable, ne connaît ni h aspiré ni double pluriel, et règle la question en une fois.

Quel est le pluriel correct de hobby : hobbys ou hobbies ?

Les deux. L’Académie française donne « hobby, nom masculin (pluriel hobbys ou hobbies) » et le Larousse précise que « hobbys » est le pluriel français et « hobbies » le pluriel à l’anglaise. Choisissez la forme qui vous convient et gardez-la dans tout le document, sans mélanger les deux.

Écrit-on « hobbie » au singulier ?

Non, cette forme n’existe pas. Le singulier est « hobby », avec un y. La faute vient du pluriel anglais « hobbies », dont on retire le s en croyant retrouver le singulier. Le raisonnement paraît logique mais il est faux : le y du singulier devient ie devant le s anglais, pas l’inverse.

Dit-on « le hobby » ou « l’hobby » ?

« Le hobby ». Le h du mot est aspiré, ce qui interdit l’élision et la liaison : pas d’apostrophe au singulier, pas de z entendu au pluriel dans « les hobbys ». Le mot se comporte comme « haricot » ou « hérisson » : si vous ne dites pas « l’haricot », n’écrivez pas « l’hobby ».

Comment dire hobby en français ?

« Passe-temps » est le plus proche, « loisir » le plus large, « centre d’intérêt » le plus formel. « Violon d’Ingres » suppose une pratique sérieuse en marge du métier et appartient à un registre soutenu, « dada » est familier et un peu moqueur. Aucun n’est un synonyme exact : ils diffèrent par le degré d’investissement supposé.

Faut-il écrire « Hobbies » ou « Centres d’intérêt » sur un CV ?

Sur un CV en français, écrivez « Centres d’intérêt », parfois « Loisirs » : c’est l’intitulé attendu par les recruteurs. « Hobbies » n’est pas fautif mais crée un décalage inutile. Sur un CV en anglais, « Hobbies » ou « Interests » s’impose. Dans tous les cas, la précision des activités citées compte plus que le titre de la rubrique.

Un mot passé de l’anglais au français après un aller-retour par le moyen français, admis avec deux pluriels et un h aspiré : il méritait bien une mise au point.